Témoignage

 

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Mes parents ont vu ça!..

En février 1983, mes parents sont allés travailler avec d'autres kinés à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, avec l'organisation «Opération Handicap International».
Là-bas, il y avait plein de camps de réfugiés cambodgiens qui avaient fui leur pays, et qui souvent, en passant clandestinement la frontière (sans se faire voir), avaient sauté sur des mines posées par les Khmers rouges ou les Vietnamiens. Ils étaient amp Vietnamiens. Ils étaient amputés d'une, parfois des deux jambes, parfois également d'un bras, ou même étaient devenus aveugles par-dessus le marché.
C'étaient les chirurgiens de la «Croix rouge internationale» qui effectuaient les amputations dans le camp, et des artisans fabriquaient des béquilles et quelques fauteuils roulants en bois pour que les mutilés puissent se déplacer. Mais n'ayant évidemment pas les mains libres, ces gens-là ne pouvaient pas chercher eux-mêmes leur part de nourriture et d'eau potable à la distribution quotidienne dans le camp. Les aider tout le temps, ce n'était pas une solution...
Les organisateurs d'Opération Handicap ont donc eu la très bonne idée de proposer la fabrication de prothèses artisanales dans le camp. Les blessés pouvaient apprendre eux-mêmes à fabriquer leur appareillage, ce qui était très pratique pour pouvoir le réparer seul par la suite!
D'autant plus que les matériaux choisis provenaient tous de la région: cuir de buffle pour l'emboîture, bois ou bambou pour le pilon et le talon, en pneu pour le pied pour amortir les chocs.
Mes parents ont ainsi travaillé dans l'atelier du camp de Khan-I-Dans ainsi qu'à l'hôpital du village thaïlandais où ils habitaient. Car les paysans thaïlandais libres dans leurs champs, étaient parfois mutilés par ces mines s mutilés par ces mines placées un peu partout près de la frontière. Mes parents ont également donné des cours d'anatomie et de rééducation pour que ceux qui apprenaient à fabriquer les prothèses sachent bien s'occuper des blessés après leur opération. Tout ce travail n'était pas toujours facile. Il faisait souvent très chaud, les blessés étaient nombreux et la langue difficile à comprendre. Quand mes parents sont rentrés en France, d'autres chinés les ont remplacés. L'organisation «Opération Handicap» a créé depuis des ateliers d'appareillage un peu partout dans le monde pour fabriquer des prothèses. On suppose qu'il reste encore 110 millions de mines sur la planète!... Au Cambodge, depuis que la guerre est finie, les réfugiés sont obligés de retourner chez eux mais là.... 10 millions de mines les attendent encore, souvent placées dans les régions les plus fertiles!... Alors, «Opération Handicap» a décidé de se lancer dans une autre bataille. Celle d'obliger la communauté internationale au déminage avant de renvoyer les réfugiés chez eux. Maintenant c'est la bataille directe contre ceux qui vendent et ceux qui posent les mines. Voilà pourquoi actuellement on entend davantage parler de cette association «Opération Handicap» qui n'avait au début qu'un programme d'appareillage.

Germain